Les marais mouillés et marais desséchés

Ces marais ont été aménagés à maintes reprises depuis le Moyen âge. Ils ont été façonnés à l’initiative des moines et de la noblesse puis de la bourgeoisie et enfin par les divers propriétaires fonciers au sein des associations syndicales autorisées... Ils couvrent près de 60 000 ha principalement sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique : marais du Cotentin, Breton, Poitevin, de Brouage...

Ces entités fonctionnelles, presque parfaitement planes, incluent un gradient allant de l’eau douce à l’eau salée et une mosaïque de milieux, des plus humides aux desséchés.
Le terme « marais desséché » ne désigne pas un territoire sans eau mais un territoire qui n’est plus inondable, contrairement au « marais mouillé ».

 


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Les marais mouillés

Dans les vallées alluviales, les marais mouillés ou les marais inondables, sillonnés par des canaux, jouent le rôle de vase d’expansion des crues en période pluvieuse et servent de réservoir d’eau douce l’été. Ils agissent comme des éponges et des filtres épurateurs qui permettent de réguler l'apport et la qualité de l’eau en provenance du bassin versant.
Le maraîchage -cultures à cycle court- et l'élevage se sont développés sur ces milieux riches (apports sédimentaires). Depuis les années 1980, l'intensification des productions s'est traduite dans l'ensemble des marais mouillés par l’introduction de culture de maïs. A la même période, de nombreuses peupleraies ont été plantées, qui structurent maintenant le paysage de ces régions (Les Barthes de l’Adour…).

Les marais desséchés

Les marais desséchés ou marais non inondables ne peuvent exister qu’en présence de marais mouillés en amont. Ils s’étendent entre le marais mouillé et la mer. Un double réseau de digues -simples levées de terre- entrecoupées d’ouvrages hydrauliques, assure, en aval, la protection du marais desséché contre les eaux marines et régule, en amont, l’entrée des eaux douces provenant des marais mouillés.

Ces territoires, appelés encore « des prises sur la mer » ou « polders » forment un ensemble de parcelles rectilignes délimitées par un réseau de canaux d’évacuation des eaux. L'eau, en surplus, est évacuée au moyen de portes à flot (ou portes à la mer) qui s’ouvrent à marée basse. À marée haute, la pression de la mer ferme les portes et empêche l'eau salée de refluer dans les parcelles agricoles. Durant la saison sèche, les portes à flot sont fermées, afin de garder l'eau nécessaire à l’alimentation des cultures.

Autrefois composé de vastes espaces de prairies, le marais desséché a été exploité au cours du 20e siècle pour les cultures intensives : céréales, maïs, tournesol...

Depuis l’endiguement du Delta du Rhône en 1860, celui-ci a les mêmes caractéristiques qu’un marais desséché (complète maitrise des eaux et grandes étendues planes). Après la seconde guerre mondiale, sous les incitations financières du plan Marshall, la culture du riz (20 000 ha /an) avec d’autres cultures céréalières ou oléagineuses se développent dans la région nord de Camargue.

Une faune et une flore riches et fragiles
Ces marais abritent une faune est une flore aussi riches que fragiles. Ils constituent en effet une zone refuge pour des mammifères rares tels que la loutre et le vison d’Europe, une halte migratoire et un site d’hivernage pour de nombreux canards et limicoles, un site de reproduction pour divers oiseaux d’eau, amphibiens et reptiles, le biotope de nombreuses espèces végétales rares et menacées. Ces territoires sont des sites importants pour l’anguille, très menacée en France.

Page mise à jour le 10/09/2015
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