Deux nouveaux sites Ramsar pour la Journée mondiale de l'eau

Le 22 mars 2024, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, la France a désigné au titre de la convention de Ramsar sur les zones humides, un nouveau site Ramsar : les Marais et tourbières des montagnes du Bugey et étendu le périmètre du site du Lac du Bourget - marais de Chautagne au marais de Lavours. La France compte donc désormais 55 zones humides d'importance internationale.

    

Marais et tourbières des montagnes du Bugey

Le site Ramsar « Marais et tourbières des montagnes du Bugey » s’étend au sein des plis du massif jurassien, au cœur du Bugey. Sur ce territoire, les conditions géologiques (calcaire et phénomènes karstiques) et les dépôts des dernières glaciations ont favorisé la création de nombreuses zones humides, lacs et tourbières qui constituent un réseau d’écosystèmes plutôt bien préservés et d’une grande richesse écologique.

Le périmètre désigné de 1 050 hectares se concentre sur un ensemble d'une quarantaine de zones humides caractérisées par des systèmes tourbeux et marécageux, à une altitude minimale de 750 mètres. Ces zones humides d’une grande richesse sont majoritairement des Espaces Naturels Sensibles (ENS) du Département de l'Ain, parmi lesquels peuvent être cités, le marais de Vaux, le marais en Jarine, la tourbière de Cerin ou le lac Genin.

Les marais et tourbières du Bugey jouent un rôle important dans la conservation de nombreuses espèces, rares et menacées sur l’ensemble de leur aire de répartition, qu’elle soit locale, régionale, nationale ou européenne. Le site abrite notamment des populations isolées d’espèces que l’on ne retrouve pratiquement pas ailleurs avec des effectifs comparables comme le Liparis de Loesel ou l’Iris de Sibérie (Iris sibirica).
La préservation des milieux est essentielle pour assurer un bon état de conservation de ces espèces aux différentes échelles géographiques.

Le site est également une halte migratoire, voire une zone d’hivernage, pour certaines espèces d’oiseaux comme la bécassine des marais, ou de reproduction pour certains passereaux (Tarier des prés, Rousseroles…).

Les marais et tourbières des montagnes du Bugey fournissent des services écosystémiques particulièrement importants en ce qui concerne les ressources en eau, le stockage du carbone et les possibilités d’activités récréatives. Des travaux de drainage, l’augmentation du tourisme et le changement climatique ont eu ou ont encore un impact sur ces zones humides. Toutefois, de nombreuses opérations de restauration environnementale ont déjà été menées, contribuant à rétablir certaines fonctions écologiques, et d’autres actions sont prévues. 

Le syndicat de rivières Ain Aval et Affluents (SR3A) et le Conservatoire d’Espaces Naturels Rhône-Alpes mettent en oeuvre les plans de gestion visant la préservation et la conservation de ces sites. Les deux structures assurent la coordination à l’échelle du site Ramsar, en lien étroit avec le Département de l’Ain.

En savoir plus sur le site

- Consulter la fiche de présentation du site Marais et tourbières des montagnes du Bugey

- Le site sur le Service d'information sur les sites Ramsar

- Le site du Département de l'Ain

- Le site du CEN Rhône-Alpes

- Le site du Syndicat Rivière Ain aval et affluents

 

Lac du Bourget - Marais de Chautagne et de Lavours

Entre les départements de la Savoie et de l’Ain, le lac du Bourget et les marais de Chautagne et
de Lavours sont des annexes hydrauliques du Haut-Rhône, situées dans une dépression entre le Jura et les Alpes.

Vingt ans après la première désignation sur sa partie savoyarde, le site du "Lac du Bourget - Marais de Chautagne" a été étendu sur plus de 1 300 ha vers le Marais de Lavours et les Îles de la Malourdie afin de former un nouveau site de 6 950 hectares plus cohérent écologiquement et fonctionnellement : le "Lac du Bourget - Marais de Chautagne et de Lavours".     

Le site comprend le plus grand lac d’origine naturelle de France ainsi que deux des plus vastes et profondes tourbières alcalines d’Europe de l’Ouest.

Complémentaires du milieu pélagique lacustre, les zones d’herbiers et d’hélophytes (« roselières ») du lac du Bourget conditionnent une grande partie des chaînes alimentaires et donc de la biodiversité du site, composée d'habitats variés, lacustres comme palustres, qui accueillent de nombreux papillons, mammifères, reptiles ou poissons.

Le site est situé sur un couloir migratoire majeur le long du Rhône pour les oiseaux comme le Fuligule milouin et la Nette rousse, dont plus de 20 000 individus hivernent certaines années. Les vastes roselières des marais sont essentielles pour les passereaux paludicoles, de passage ou en nidification. 

Les prairies tourbeuses offrent des habitats très spécifiques riches d’une flore et d’une faune invertébrée adaptées aux sols gorgés d’eau. Plus de 5 000 espèces ont été recensées dans tout le périmètre du site, ce qui est remarquable à l’échelle européenne.

Lac et marais forment un paysage grandiose apprécié des touristes, représentent un immense bassin pour l’écrêtement des crues du Rhône et constituent une grande réserve d’eau douce, précieuse pour fournir de l’eau potable.

Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Savoie et l’Entente Interdépartementale Rhône-Alpes pour la Démoustication animent et gèrent ensemble le site Ramsar.

En savoir plus sur le site

- Consulter la fiche de présentation du site Lac du Bourget - Marais de Chautagne et de Lavours

- Le site sur le Service d'information sur les sites Ramsar

- Le site du CEN Savoie

- Le site de l'EID Rhône-Alpes

 

La convention de Ramsar

La convention sur les zones humides d’importance internationale, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental qui offre un cadre à la conservation et la mise en valeur des zones humides et de leurs ressources. Son objectif est d’élaborer et de faire vivre un réseau international primordial pour la biodiversité mondiale.

Le réseau français, composé désormais de 55 sites Ramsar, couvre plus de 3,9 millions d’hectares répartis sur 43 sites en métropole et 12 en outre-mer.  
6 villes françaises ont également été reconnues comme villes des zones humides, accréditées par la convention de Ramsar.

Pour en savoir plus

- L'association Ramsar France

- La Convention de Ramsar 

Page mise à jour le 29/03/2024
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