Pollutions diffuses et zones humides – un avis récent du CESE rend ses préconisations

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) a rendu en janvier 2026 un avis intitulé "Lutter contre les pollutions diffuses pour préserver la biodiversité".

Les pollutions diffuses désignent l'ensemble des contaminations qui ne proviennent pas d'une source unique et clairement identifiée, elles se caractérisent par leur invisibilité et leur cumul, rendant leur mesure et leur régulation particulièrement difficiles. On compte parmi elles les microplastiques, pesticides, nitrates, substances pharmaceutiques, PFAS etc., des formes de pollution qui sont désormais au cœur des préoccupations et dont on ne peut ignorer les effets néfastes sur les écosystèmes. 

Cet avis rendu par les rapporteurs Laurence Hoeffling et Benoît Miribel au sein de la commission de l’environnement du CESE, se concentre sur les impacts de ces pollutions sur la biodiversité, et non sur leurs effets sur la santé humaine. Il présente un panorama consacré à la pollution chimique, identifiant des pistes d’actions nécessaires pour mieux préserver la biodiversité 

Le rapport formule 16 préconisations articulées autour de 4 axes d’action visant à lutter contre les pollutions diffuses et à préserver la biodiversité : 

  1. Renforcer la recherche scientifique pour enrichir les connaissances disponibles ;
  2. Développer les mesures préventives pour éviter que les pollutions diffuses ne se produisent ;
  3. Mettre en œuvre des mesures de réduction et d'atténuation afin de limiter l'impact des pollutions existantes ;
  4. Déployer des mesures curatives, notamment en s'appuyant sur les Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour réparer les dommages causés sur les écosystèmes.

     Lire l'avis du CESE : Lutter contre les pollutions diffuses pour préserver la biodiversité

Focus sur les zones humides

Dans son avis, le CESE évoque à plusieurs reprises les zones humides comme leviers pour faire face aux pollutions diffuses. Elles jouent un rôle de milieux « tampons » : elles ont la capacité de filtrer, retenir et transformer une partie des pollutions diffuses. Pourtant, ces écosystèmes sont eux-mêmes exposés à ces pressions, notamment par la présence de pesticides ou de dépôts atmosphériques. Lorsque les flux de polluants deviennent trop importants, les zones humides atteignent les limites de leurs capacités épuratrices, ce qui peut entraîner un recul marqué de leur biodiversité.

Prévenir les pollutions diffuses

Les zones humides sont d’abord mises en avant comme mesures préventives, permettant de limiter l’apparition ou la propagation de ces pollutions. La préconisation n°10 propose ainsi de lancer une campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation à destination du grand public. Celle-ci viserait notamment à renforcer l’acculturation à la protection du vivant et à mieux faire connaître les impacts des substances polluantes. Elle pourrait s’appuyer sur la participation à des projets locaux de restauration de milieux naturels, telles que les zones humides.

Limiter l'impact des pollutions existantes 

Les zones humides sont également présentées comme des alliées pour limiter l’impact des pollutions existantes. En tant que solutions fondées sur la nature, leur préservation ou leur restauration permet à la fois de stocker l’eau, contribuant ainsi à la prévention des inondations, et de favoriser une filtration naturelle des polluants. La préconisation n°11 souligne notamment leur rôle de filtre, d’absorption et de réserve d’eau, permettant de réduire l’impact des pollutions diffuses en limitant le transfert ou le ruissellement de micropolluants.

Réparer les dommages des pollutions diffuses avec les SfN 

Enfin, les zones humides peuvent également contribuer à réparer les dommages causés par ces pollutions, lorsqu’il s’agit d’y faire face. Elles sont notamment évoquées comme des solutions fondées sur la nature pour participer à la dépollution de certains milieux. Les polluants émergents, comme les PFAS ou certains résidus pharmaceutiques, posent en effet des défis particuliers : très persistants, mobiles et actifs à faibles doses, ils circulent dans les nappes, les sols et les zones humides, où les traitements conventionnels peinent à les éliminer. Dans ce contexte, les solutions fondées sur la nature sont souvent considérées comme plus durables, avec des coûts et des effets mieux maîtrisés que certaines techniques de dépollution classiques, dont les résultats rapides s’accompagnent de coûts élevés et d’incertitudes sur leur efficacité à long terme.

En savoir plus 

- Site internet du CESE

 

Page mise à jour le 10/03/2026
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